Les coiffeuses du 57

Depuis plusieurs mois, une vingtaine de femmes, de travailleuses, disent non. Non à l’exploitation, non à l’esclavage (pourquoi faudrait-il rajouter moderne ?!), non à l’acceptation de l’inacceptable et non à la résignation. Et pourtant…Elles cumulent tellement. Elles sont étrangères, isolées, sans papiers, précaires et femmes…Elles sont exploitées par des hommes, ceux qui le forcent à travailler sans les payer et ceux qui sont nos représentants et nos élus. Ceux qui les exploitent, exploitent le cadre, le système que d’autres mettent en place, renforcent, protègent. Qui sont les plus responsables ? Les mafieux/maquereaux qui les font travailler plus de dix heures par jour en profitant de leur ‘situation administrative’ sans les payer ? Les politiques qui consolident chaque jour ce système ? Les patrons qui augmentent leur marge et leur bénéfice en alimentant cette traite d’êtres humains ? La préfecture et la police qui sait et qui laisse faire ? On peut ne pas choisir, hiérarchiser. Ça vaut quand-même le coup de se rappeler qu’il s’agit d’un système et que la responsabilité est collective…Et comme d’habitude, les femmes, les ouvrières, les étrangères font les frais de cet arrangement.

 

Des mois de ‘travail’ indignes, une boutique où les francophones sont à l’accueil, en vitrine, les chinoises au premier étage et les anglophones en sous-sol. Des mois sans salaire ou presque, des mois sans protection, à manipuler des produits chimiques, à travailler tous les jours pour le compte de patrons mafieux. Tout le monde le sait. L’état réaffirme sans cesse sans de faux prétextes que les étrangères doivent en passer par là. L’Etat, en 2014, dit cela ; « vous devez être esclaves et vous taire pendant 5 ans, minimum, et après on vous écoutera (mal) et vous pourrez (espérer) avoir des papiers ». Voilà ce que dit l’Etat. Pas les patrons voyou, pas les mafieux, l’Etat…nous donc. Instaurer, renforcer l’ancienneté de ‘séjour’ (vocable de l’administration et de la préfecture) pour des étrangers c’est accepter, entériner cela. Tant que l’Etat dira aux migrant-e-s de se faire exploiter pendant des années, ce système continuera.

 

Au 57 boulevard de Strasbourg, à deux pas du métro Château d’Eau, depuis plusieurs mois, une vingtaine d’entre elles, aidée et accompagnée par des syndicats, des partis politiques, des associations, un collectif de cinéastes, disent stop. Elles ont un courage incroyable, peut-être le courage de celles qui n’ont plus rien à perdre. En tant que femme, étrangère, peu qualifiée, elles étaient les moins armées pour résister à ça et pourtant elles le font. Bravo à elles ! Quelle leçon…

 

Hier, après des mois de grève, après que le ‘patron’ ait fermé boutique, après des menaces de morts, un rassemblement de soutien a eu lieu. Ce n’était pas le premier et ce ne sera pas le dernier. Voici quelques images…

 

Les élu-e-s et les soutiens locaux sont là, la mairie de Paris, la préfecture et les ministères sont a minima plus distants voire carrément sourds. Le système, la responsabilité collective…

 

Le piquet est ‘ouvert’, tous les jours.

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