Des clowns et des marionnettes

Rencontre sur les pavés danois avec la BAC, non pas celle-là, l’autre, la Brigade Activiste des Clowns, membre français de la CIRCA, Clandestine Insurgent Rebel Clown Army.

 Voici un extrait de leur manifeste ; « La CIRCA a été impulsé par les activistes de « Reclaims the Street », groupe militant très imaginatif. Avec en partie à sa tête, le colonel Klepto, alias John Jordan. On ne prétend pas être des clowns, nous sommes des clowns qui manifestons. Circa vise à rendre l’art de la pitrerie à nouveau dangereuse, à le ramener dans la rue, à se réapproprier son pouvoir de désobéissance, mais non-violente, et à lui rendre la fonction sociale qui fut la sienne : sa capacité à perturber, critiquer et guérir la société. »

 Leur objectif, depuis plus de 10 ans, ridiculiser le pouvoir pour mieux le combattre.

 Cette BAC là intervient contre tous les pouvoirs, policiers, médiatiques, industriels, politiques, financiers. Je croise ces clowns depuis des années, en France pour la BAC mais aussi leurs copains européens dans plusieurs grosses manifs ou contre-sommet. Les photos qui suivent ont été prises à Copenhague, au Danemark, lors du contre-sommet organisé par des milliers de militant-e-s du monde entier à l’occasion du sommet des nations-unies sur le réchauffement climatique.

 La conférence de Copenhague a été la 15e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Elle devait être l’occasion, pour les 192 pays ayant ratifié la Convention, de renégocier un accord international sur le climat remplaçant le protocole de Kyoto, initié en 1997 et dont la première étape prenait fin en 2012. Des engagements importants étaient attendus lors de cette conférence, notamment sur la limitation de l’augmentation de la température mondiale à 2% par rapport à l’ère pré-industrielle et donc à la réduction de 50% des gaz à effet de serre au niveau mondial.

 Le bilan politique de cette conférence a été un carnage ; la plupart des pays ont quitté les négociations avant leur terme, la présidente de la conférence a laissé sa place lors de la dernière journée, l’union européenne n’est pas signataire du texte final, la Chine a menacé plusieurs fois de se retirer des négociations tout en affirmant que ce n’étaient pas aux nations-unies de lui dicter sa politique industrielle, plusieurs pays du sud (dont la plupart très concernés par les conséquences du réchauffement climatique) ont dénoncé une main-mise d’un petit nombre de pays sur le négociations et ont crié au hold-up, etc, etc. Au final ce pseudo accord n’est pas contraignant juridiquement, il a accouché d’un accord politique au rabais qui ne satisfait personne, il a démontré une nouvelle fois le poids des lobbies industriels dans les processus de décisions politiques et il a ridiculisé le cadre onusien des négociations.

Aucun objectif quantitatif de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’est inscrit dans l’accord, ce qui était pourtant l’objectif premier de ce sommet !

Du côté des ONG, l’humeur est à l’écoeurement. Les associations, qui ont été exclues à la fin du sommet, se sentent trahies. Selon un communiqué de Greenpeace: «la ville de Copenhague est une scène de crime climatique, dont les coupables se sont enfuis en avion la honte au front».

Pour le représentant français de Greenpeace, les résultats de la conférence ont été « un désastre. Cela représente en fait plusieurs pas en arrière par rapport au Protocole de Kyoto. Il n’y a aucune substance. Il n’y a plus aucune référence à la science ». Greenpeace a déploré le fait qu’il n’y ait « pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050 » et juge qu’il était « difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague ».

Face aux grandes puissances industrialisées, le projet d’accord a été qualifié de « pire de l’histoire » par le délégué soudanais Lumumba Stanislas, dont le pays préside le G77, représentant 130 pays en développement. Une grande partie des représentants de ces pays a dénoncé avec colère un projet ne permettant pas de répondre au défi du changement climatique. Ils ont aussi dénoncé la façon dont les dirigeants des grands pays ont négocié en petit comité.

Ce simulacre de consultation, ce grand allez-vous-faire-foutre onusien envers les conséquences d’une logique industrielle suicidaire renforcée a confirmé tout ce que les 70 000 personnes qui ont manifesté lors du contre-sommet craignaient et voulaient dénoncer. 70 000 personnes et une vingtaine de clowns…

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CC Blog

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